Vivre à bord d'un catamaran : le témoignage inspirant de Sailing Atypic après 7 ans en mer
lundi 07 septembre 2026
De salariés à navigateurs océaniques : comment Sailing Atypic a transformé son rêve de liberté en projet de vie ?
Après sept ans de vie en mer et une traversée du Pacifique de 40 jours, les créateurs de Sailing Atypic reviennent sur leur parcours, leurs défis et leur collaboration avec APACA Group.
A retenir :
- 7 ans de navigation autour du monde
- Plus de 40 jours de traversée du Pacifique
- Aucun bagage nautique au départ
- Ambassadeur APACA Group
- Une communauté inspirant des milliers de navigateurs
Chapite 1 D'un bureau au grand large
« Nous avions tous les deux des carrières établies, mais le sentiment qu'il devait y avoir autre chose que la routine. »
Avant Sailing Atypic, qui étiez-vous et qu'est-ce qui vous a donné envie de prendre le large ?
Avant Sailing Atypic, nous avions tous les deux des carrières bien établies, mais aussi le sentiment qu’il devait y avoir autre chose que la routine du métro-boulot-dodo. De mon côté, j’occupais un poste permanent en ressources humaines au gouvernement fédéral du Canada, où je supervisais une équipe d’adjointes administratives. J’aimais mon travail, particulièrement la réalisation de projets et le sentiment d’accomplissement qui venait avec, mais je n’en étais pas profondément passionnée. Je n’ai jamais aimé la routine et je ressentais un besoin grandissant de découvrir le monde. C’est après un voyage en sac à dos en Thaïlande que j’ai compris que ma véritable passion était le voyage, la découverte et cette liberté de ne jamais savoir exactement ce que le lendemain allait apporter. Patrice, de son côté, a travaillé pendant 15 ans chez Transcontinental, une entreprise d’imprimerie, où il a gravi les échelons jusqu’au poste de directeur de production. Malgré cette belle progression professionnelle, il se demandait si la vie pouvait réellement se résumer à travailler, rentrer à la maison et recommencer. Il avait envie de se dépasser et de vivre quelque chose de plus grand. Il a finalement quitté son emploi pour traverser le Canada à vélo, d’est en ouest. Cette aventure lui a permis de sortir complètement de sa zone de confort, de réfléchir à son avenir et de déterminer ce qu’il voulait réellement faire de sa vie. Nos parcours étaient différents, mais nous étions animés par le même désir : vivre pleinement, voyager, nous dépasser et refuser de remettre nos rêves à plus tard. C’est cette envie commune qui nous a finalement poussés à prendre le large.
Chapitre 2 : Le déclic qui a tout changé
- Le voilier de l'ami de Patrice
- Le voyage en Thaïlande
Y a-t-il eu un déclic qui vous a poussé à transformer un rêve de navigation en véritable projet de vie ?
Oui, définitivement. Et ce qui est assez incroyable, c’est que nous avons chacun eu un premier déclic de notre côté, juste avant de nous rencontrer. Quelques semaines avant son départ, un ami de Patrice lui avait écrit : « Je pars faire le tour du monde en voilier. Si tu veux venir voir le bateau, c’est ta dernière chance, je quitte demain. » Patrice est donc allé le visiter et il a été complètement renversé par ce qu’il découvrait. Il réalisait qu’il était possible de voyager autour du monde en transportant sa maison avec soi, de se déplacer grâce au vent et de produire sa propre énergie avec des panneaux solaires. Pour lui, ce mode de vie représentait à la fois la liberté, l’aventure et l’autonomie. Un premier déclic venait de se produire. De mon côté, j’étais en voyage en sac à dos en Thaïlande et j’avais réservé une excursion en bateau pour visiter les îles. Nous étions une trentaine à bord lorsqu’au loin, j’ai aperçu un bateau à moteur qui ressemblait beaucoup à celui de mon copain de l’époque, sur lequel nous naviguions sur la rivière des Outaouais, au Québec. Voir un bateau presque identique dans un décor aussi spectaculaire m’a complètement surprise. Je me suis demandé : comment ces gens font-ils pour avoir leur propre bateau ici ? Comment peut-on voyager à temps plein de cette façon ? Quelques jours plus tard, j’ai rencontré Patrice. Nous venions pourtant du même coin au Québec, mais c’est à l’autre bout du monde que nous nous sommes vus pour la première fois. Je lui ai posé cette question qui me trottait toujours dans la tête : « Selon toi, comment les gens font-ils pour voyager à temps plein avec leur propre bateau ? » C’est alors qu’il m’a raconté la visite du voilier de son ami. Il m’a expliqué qu’on pouvait se déplacer avec le vent, transporter notre maison avec nous et vivre presque en autonomie. J’ai immédiatement trouvé l’idée géniale, même si, à ce moment-là, la conversation s’est terminée sans que nous imaginions encore tout ce qui allait suivre. C’est à mon retour au Québec que le véritable déclic s’est produit. J’ai ressenti un profond blues du voyageur. J’avais compris que le voyage n’était pas simplement une parenthèse dans ma vie : c’était ce qui me faisait réellement vibrer. L’idée de voyager en voilier m’est alors revenue en tête, mais cette fois, elle ne m’a plus quittée. À partir de ce moment-là, ce n’était plus simplement une façon de voyager réservée aux autres. C’est devenu mon rêve et j’ai décidé d’en faire un véritable projet de vie. Puisque Patrice avait lui aussi été profondément marqué par cette idée, nos deux déclics individuels ont fini par devenir un rêve commun. Nous avons décidé d’unir nos forces pour vivre à bord et partir découvrir le monde.
Chapitre 3 : La mer, leur plus grande école de vie
« La mer nous a appris que nous étions beaucoup plus résilients que nous le pensions. »
Qu'avez-vous découvert sur vous-mêmes depuis que vous vivez cette aventure en mer ?
Depuis que nous vivons cette aventure en mer, nous avons découvert des facettes de nous-mêmes que notre ancienne vie ne nous avait jamais permis d’explorer pleinement. Pour Patrice, la mer a été la meilleure des enseignantes. Dans la vie quotidienne, il avait parfois l’impression que les contraintes et les influences l’empêchaient de devenir pleinement l’homme qu’il souhaitait être. De nature plutôt rebelle, il n’a jamais été très doué pour écouter les conseils de sa mère, de ses professeurs ou des autres. Mais la mer, elle, on ne peut pas s’obstiner avec elle. Elle impose ses propres règles et nous oblige à les respecter. On n’a pas d’autre choix que d’apprendre, de s’adapter, de faire preuve d’humilité et de grandir. Grâce à elle, Patrice estime être devenu l’homme qu’il a toujours voulu être. Il se sent aujourd’hui profondément aligné dans les différents piliers de sa vie : le physique, l’intellectuel, l’émotionnel et le spirituel. Il est bien et solidement ancré. Après avoir accompli ce grand cheminement personnel, il a maintenant la conviction que l’homme qu’il est devenu possède les fondations nécessaires pour entreprendre tous les projets qui le feront rêver pour le reste de sa vie. De mon côté, j’ai découvert que j’étais capable d’accomplir beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. Avant cette aventure, je ne m’étais jamais réellement poussée jusqu’à mes limites. Contrairement à Patrice, qui avait déjà traversé le Canada à vélo et fait le trek jusqu’au camp de base de l’Everest, j’avais avancé dans la vie avec des objectifs plus conventionnels et plus facilement accessibles. Ce projet m’a placée devant des défis beaucoup plus grands, parfois même dans des situations que je n’aurais jamais cru pouvoir affronter. J’ai découvert en moi des capacités que je ne soupçonnais pas. J’ai compris que j’aimais relever des défis, me dépasser et même me retrouver dans des situations difficiles pour découvrir comment j’allais réagir et réussir à m’en sortir. La mer nous a appris que nous étions beaucoup plus résilients, débrouillards et courageux que nous le pensions. Elle nous a aussi appris que la confiance en soi ne vient pas de l’absence de peur ou de difficulté, mais de toutes les fois où l’on traverse une épreuve et où l’on réalise, une fois de l’autre côté, qu’on en était capable.
Chapitre 4 : Leur définition de la liberté aujourd'hui
""Nous sommes devenus les entrepreneurs de notre propre vie"
La liberté est souvent associée à la navigation. Que signifie-t-elle réellement pour vous aujourd'hui ?
Pour Patrice, le voilier représente le dernier grand rempart de liberté. À terre, notre quotidien est constamment encadré par des règles, des contraintes et des décisions prises par d’autres. En pleine mer, nous sommes maîtres à bord. Personne ne viendra nous dire où aller ni comment organiser notre journée. Nous demeurons évidemment responsables de respecter les lois maritimes et les formalités de chaque pays, mais entre deux destinations, nous retrouvons une autonomie qui existe difficilement ailleurs. Le voilier procure également un profond sentiment de sécurité. Si une crise importante éclatait quelque part dans le monde, nous pourrions lever les voiles, nous éloigner et choisir un endroit plus sécuritaire où attendre que la situation se calme. Notre bateau est à la fois notre maison, notre moyen de transport et notre refuge. Il nous permet de produire notre énergie, de transporter nos réserves et de vivre en autonomie pendant de longues périodes. L’arrivée dans un nouveau pays par la mer symbolise particulièrement cette liberté. Il n’y a ni terminal ni corridor imposé : nous arrivons avec notre propre maison, nous hissons notre pavillon jaune pour signaler que nous devons accomplir les formalités d’entrée, puis nous nous présentons aux autorités parfois la journée même ou parfois le lendemain. Cette manière de franchir les frontières procure une sensation de liberté incomparable, tout en respectant les règles du pays qui nous accueille. De mon côté, j’associe surtout la liberté à la vie à bord. Aujourd’hui, nous choisissons notre horaire, nos destinations et les projets auxquels nous voulons consacrer notre énergie. Nous sommes devenus les entrepreneurs de notre propre vie. Lorsque je vivais à terre, j’avais souvent l’impression de suivre un chemin déjà tracé par la société : répondre aux attentes de mon employeur, respecter un horaire précis et adopter le mode de vie que l’on attendait de moi. La vie en voilier m’a permis de sortir de ce cadre et de me demander ce que je voulais réellement. Pour moi, être libre ne signifie pas vivre sans responsabilités. Au contraire, nous en avons énormément à bord. La véritable liberté, c’est de pouvoir choisir ces responsabilités, de décider de la direction que nous voulons prendre et de construire une vie réellement alignée avec nos passions, nos valeurs et nos envies.
Chapitre 5 : 40 jours en mer : la traversée qui a changé leur vie
- 40 jours sans escale
- 3 passages de l'équateur
- 2 ouragans
- 1 Lagoon 410
- Des centaines de milles parcourus
Quel est le souvenir de navigation qui vous a le plus marqué jusqu'à présent ?
Sans hésitation, notre souvenir de navigation le plus marquant est notre traversée du Pacifique, de la Polynésie française jusqu’au Panama sur un Lagoon 410, 2005. Nous avons passé 40 jours en mer à avancer vers l’est, contre les vents dominants et les courants, sur une route que très peu de navigateurs choisissent d’emprunter dans ce sens. Cette traversée nous a fait vivre un condensé de tout ce que la navigation peut offrir. Nous avons connu des journées de voile extraordinaires, des nuits sous un ciel rempli d’étoiles, des grains violents, de longues périodes sans vent et des moments où la fatigue rendait chaque décision plus difficile. Nous avons traversé trois fois l’équateur, affronté le pot-au-noir et dû composer avec l’influence de deux ouragans : Fausto, de catégorie 2, dont nous avons utilisé les vents pour progresser vers l’est, et Geneviève, de catégorie 4, qui est passée à environ 700 milles nautiques de nous et a complètement modifié les conditions autour de nous. Bien sûr, les difficultés ont fait partie de l’aventure : bris, problèmes mécaniques, fatigue et imprévus se sont invités tout au long du parcours. Mais ce n’est pas ce que nous retiendrons le plus de ces 40 jours. Cette traversée nous a surtout offert des moments magnifiques : une baignade au milieu de l’océan, des couchers de soleil spectaculaires, 25 fous bruns qui ont adopté notre catamaran comme aire de repos et cette sensation unique d’être seuls au milieu de l’immensité. Elle nous a appris à prendre chaque journée comme elle venait, à nous soutenir lorsque l’un de nous était plus fatigué et à continuer d’avancer même lorsque la destination semblait encore très loin. Cette expérience nous a marqués profondément, mais de façon très positive. Elle nous a montré jusqu’où nous étions capables d’aller ensemble. Lorsque nous sommes finalement arrivés au Panama après 40 jours en mer, nous n’étions plus tout à fait les mêmes personnes qu’au départ. Nous étions épuisés, mais immensément fiers. Cette traversée restera probablement toujours l’une des plus grandes aventures de notre vie.
À l'inverse, quelle a été votre plus grande difficulté et qu'en avez-vous retenu ?
À l’inverse, notre plus grande difficulté en navigation a également été cette traversée du Pacifique « à l’envers », de la Polynésie française jusqu’au Panama. C’est d’ailleurs ce qui rend cette expérience si marquante : elle représente à la fois notre plus beau souvenir et notre plus grande épreuve. La principale difficulté n’a pas été un événement précis, mais l’accumulation des problèmes pendant 40 jours. Chaque fois que nous pensions avoir réglé une situation, un nouveau bris ou une nouvelle complication survenait. Il fallait rester lucides, trouver des solutions avec ce que nous avions à bord et continuer d’avancer malgré la fatigue. Dès la deuxième semaine, nous avons notamment rencontré un problème avec le congélateur. Lorsque les batteries n’étaient pas en charge et que leur tension diminuait, le compresseur ne recevait plus suffisamment d’énergie et le congélateur commençait à dégeler. Nous avons failli perdre tout son contenu, mais nous avons heureusement réussi à sauver presque toute la nourriture, à l’exception de quatre paquets de poitrines de poulet. Combinée à une traversée plus longue que prévu, cette perte a contribué au fait que nos réserves de nourriture sont devenues très limitées vers la fin. Nous avons donc dû rationner nos repas pendant les derniers jours. À cela se sont ajoutés la perte de notre Code 0, plusieurs problèmes de moteurs, du diesel contaminé, des fuites d’huile et des batteries vieillissantes. À la fin de la traversée, il ne nous restait qu’un seul moteur, lui-même fragile, alors que nous devions encore avancer avec un courant contraire et très peu de vent à l’approche du Panama. Nous en avons retenu qu’une traversée océanique repose autant sur la force mentale que sur les compétences techniques. Il faut savoir s’adapter, accepter de revoir son plan et ne pas gaspiller son énergie à lutter contre ce que l’on ne peut pas contrôler. La mer nous a appris à nous concentrer sur la prochaine décision, le prochain mille et le prochain problème à résoudre, plutôt que de nous laisser écraser par l’ensemble de la situation. Cette traversée nous a aussi confirmé à quel point nous formons une équipe solide. Au bout du compte, nous avons compris que le courage n’est pas de ne jamais avoir peur ou de toujours se sentir forts. C’est de continuer à avancer avec calme et intelligence malgré la peur, la fatigue et l’incertitude. Même lorsque nous ne contrôlons presque rien autour de nous, nous pouvons toujours choisir notre façon de réagir.
À travers vos vidéos, vous inspirez de nombreuses personnes. Quel message souhaitez-vous transmettre à votre communauté ?
Le principal message que nous souhaitons transmettre à notre communauté, c’est qu’il est réellement possible de réaliser ses rêves. Nous sommes simplement deux personnes ordinaires qui, au départ, n’avaient aucune expérience de la voile. Si nous avons pu apprendre et construire cette vie progressivement, d’autres peuvent le faire aussi. Un rêve peut sembler immense lorsqu’on le regarde dans son ensemble. Le secret, c’est de mettre un pied devant l’autre et de poser chaque jour une action concrète pour s’en rapprocher. Cette action peut être toute petite : faire une recherche, économiser un peu d’argent, apprendre une nouvelle compétence ou prendre une décision que l’on repousse depuis longtemps. Tranquillement, ces petits gestes s’accumulent. Puis un jour, presque sans s’en rendre compte, on atteint ce qui nous semblait autrefois impossible. Il faut également se demander si ce que l’on poursuit est réellement notre propre rêve, ou plutôt celui que la société et les autres ont choisi pour nous. Lorsque c’est profondément notre rêve, nous avons naturellement envie de travailler pour l’atteindre. Les efforts et les sacrifices ne disparaissent pas, mais ils prennent un sens. On dirait alors que la vie commence à s’organiser autour de cette intention et que des possibilités que nous n’aurions jamais remarquées auparavant apparaissent sur notre chemin. Nous voulons aussi montrer qu’il n’est pas nécessaire de tout connaître avant de commencer. Si nous avions attendu de maîtriser tous les termes, toutes les manœuvres et tous les aspects techniques de la navigation, nous ne serions probablement jamais partis. Lorsque nous avons quitté le quai pour la première fois, nous n’avions aucune expérience de la voile. Nous n’avions encore jamais navigué à la voile. Sept ans plus tard, nous réalisons des traversées océaniques et des propriétaires nous confient maintenant leur bateau afin que nous le convoyions en toute sécurité d’un point A à un point B. Tout ce que nous savons aujourd’hui, nous l’avons appris progressivement, en naviguant, en observant, en nous informant et, bien sûr, en faisant des erreurs. Nous continuerons d’ailleurs à apprendre toute notre vie. L’objectif n’est pas d’attendre de tout savoir ni d’être parfaitement prêts, parce que ce moment n’arrivera jamais. Il faut avoir la volonté de commencer, la motivation de continuer et l’humilité d’accepter que l’on ne saura pas toujours quoi faire du premier coup. On essaie, on s’adapte, on corrige le tir et on fait mieux la fois suivante. S’il y a une chose que nous voulons que les gens retiennent de notre parcours, c’est celle-ci : il n’est pas nécessaire de voir tout le chemin pour commencer à avancer. Il suffit de connaître la direction de son rêve et de faire aujourd’hui un premier pas vers lui.
Quelles sont les valeurs qui guident vos choix, aussi bien en mer qu'à terre ?
Les valeurs qui guident nos choix, en mer comme à terre, sont avant tout la liberté, l’authenticité, le dépassement de soi, le respect et l’entraide. La liberté occupe évidemment une place centrale dans notre vie. Mais pour nous, être libres ne signifie pas vivre sans responsabilités. Cela signifie avoir le courage de choisir notre propre chemin, même lorsqu’il ne correspond pas à ce que la société attend de nous, puis d’assumer pleinement les conséquences de nos décisions. L’authenticité est également très importante. À travers nos vidéos sur notre chaîne YouTube Sailing Atypic, nous ne voulons pas seulement montrer les paysages magnifiques et les moments parfaits. Nous partageons aussi les bris, les erreurs, les doutes, et les décisions difficiles. Nous voulons montrer la réalité de cette vie, parce que nous croyons qu’une aventure n’a pas besoin d’être parfaite pour être extraordinaire. Le dépassement de soi guide aussi énormément nos choix. Nous aimons apprendre, sortir de notre zone de confort et entreprendre des projets qui nous obligent à grandir. Nous ne cherchons pas nécessairement le chemin le plus facile, mais celui qui nous permettra d’évoluer et de découvrir jusqu’où nous pouvons aller. Le respect de la nature et des animaux influence également notre manière de vivre. En mer, nous sommes constamment témoins de la beauté, mais aussi de la fragilité du monde qui nous entoure. Durant notre dernière traversée, nous avons notamment choisi d’arrêter de pêcher parce que nos invités les fous bruns attaquaient nos leurres. Nous avons préféré rationner davantage notre nourriture plutôt que de risquer de les blesser ou de les tuer. Pour nous, les animaux ne sont jamais simplement un décor dans nos aventures : ils font partie du monde que nous voulons découvrir et protéger. Finalement, il y a l’entraide et l’esprit d’équipe. En mer, nous dépendons énormément l’un de l’autre. Nous devons communiquer, nous faire confiance et prendre le relais lorsque l’autre est fatigué ou découragé. Cette valeur s’étend aussi aux personnes que nous rencontrons : les navigateurs, les communautés locales, les propriétaires que nous accompagnons et les membres de notre communauté Atypic. Toutes ces valeurs se rejoignent dans une même volonté : construire une vie qui nous ressemble, rester curieux, respecter ce qui nous entoure et utiliser nos expériences pour devenir de meilleures personnes, tout en encourageant les autres à croire davantage en leurs propres capacités.
Chaptire 6 : Pourquoi APACA et BALI ?
Ce qu'ils aiment chez Bali
- Les espaces ouverts
- La porte basculante
- Le cockpit avant
- Le confort en vie à bord
Ce qu'ils retrouvent chez APACA Group
- Une équipe passionnée
- Une expertise terrain
- Un accompagnement de projet
- Une vision du bateau comme projet de vie
Qu'est-ce qui vous a donné envie de rejoindre l'aventure APACA Group et qu'avez-vous retrouvé dans notre vision du nautisme ?
Ce qui nous a donné envie de rejoindre l’aventure APACA Group, c’est d’abord notre véritable coup de cœur pour les catamarans Bali. Pour représenter une marque avec authenticité, nous devons être convaincus par le produit et avoir nous-mêmes envie de naviguer à bord. Avec Bali, c’est exactement ce que nous avons ressenti. Nous aimons leur façon de repenser la vie sur un catamaran. Les espaces sont ouverts, lumineux et conçus pour être réellement habités, pas seulement pour naviguer quelques jours par année. La grande porte basculante, le cockpit avant rigide et la circulation entre l’intérieur et l’extérieur créent un espace de vie immense et convivial. Pour nous qui vivons à bord à temps plein et passons parfois de longues périodes en mer, ce sont des éléments qui font une véritable différence. Nous nous reconnaissons aussi dans cette volonté de sortir des modèles traditionnels et d’oser faire les choses autrement. Bali a apporté des idées audacieuses dans le monde du catamaran, quitte à bousculer certaines habitudes. Cette approche nous ressemble beaucoup. Notre propre parcours s’est construit en remettant en question le chemin conventionnel et en cherchant constamment une façon de vivre plus libre, plus autonome et mieux adaptée à nos besoins. Mais notre envie de rejoindre APACA Group ne repose pas uniquement sur les bateaux. Nous avons aussi retrouvé une équipe humaine et passionnée, avec une vision du nautisme qui va bien au-delà de la simple vente d’un catamaran. Nous partageons l’envie d’accompagner les gens dans un véritable projet de vie et de montrer qu’un bateau peut devenir bien plus qu’un loisir : il peut être une maison, un lieu de travail, un outil de découverte et le point de départ d’une nouvelle vie. Depuis maintenant sept ans, nous encourageons les membres de notre communauté à réaliser leurs rêves en leur montrant notre quotidien et en partageant nos apprentissages. Jusqu’à maintenant, notre rôle consistait surtout à les inspirer et à leur montrer que cette vie était possible. En rejoignant APACA Group, nous pouvons aller encore plus loin. Nous pouvons maintenant les accompagner concrètement dans leur projet d’achat et les aider à transformer leur rêve de navigation en véritable projet de vie. Grâce à notre expérience sur le terrain, à nos traversées océaniques et aux différents bateaux sur lesquels nous avons navigué, nous sommes en mesure de comprendre leurs besoins, de répondre à leurs questions et de les guider à travers les différentes étapes. Pour nous, c’est la continuité naturelle de ce que nous faisons depuis le début. Nous ne voulons plus seulement dire aux gens qu’ils peuvent réaliser leur rêve : nous voulons les aider à poser des actions concrètes pour s’en rapprocher. C’est cette possibilité de passer de l’inspiration à l’accompagnement qui donne tout son sens à notre partenariat avec APACA Group.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui rêve de partir naviguer mais n'ose pas encore franchir le pas ?
Notre premier conseil serait d’y aller progressivement. Il n’est pas nécessaire de traverser un océan dès le premier jour ni d’attendre de ne plus avoir peur pour commencer. La confiance ne vient pas avant l’expérience : elle se construit grâce à elle. Une excellente première étape peut simplement être de passer des vacances à bord d’un voilier. Que ce soit en louant un bateau, en participant à un séjour avec des navigateurs expérimentés ou en accompagnant des propriétaires, l’important est de s’imprégner réellement de la vie à bord. Cela permet de découvrir le quotidien, les manœuvres, les mouillages et le rythme particulier qu’impose la mer. On peut ainsi vérifier si cette façon de vivre nous correspond réellement, tout en commençant à acquérir de l’expérience. On peut ensuite commencer par une première sortie, puis une nuit au mouillage, une navigation un peu plus longue et, éventuellement, une traversée de plusieurs jours. Chaque nouvelle étape permet d’acquérir des compétences, de mieux connaître son bateau et de découvrir sa propre façon de réagir devant les imprévus. Tranquillement, ce qui semblait autrefois intimidant devient familier. Il est également essentiel de bien s’entourer. Naviguer avec des personnes plus expérimentées, suivre des formations et accepter de demander de l’aide permet d’apprendre plus rapidement et d’éviter certaines erreurs. Il ne faut pas hésiter à profiter du savoir de ceux qui sont déjà passés par là. Il ne faut surtout pas attendre de tout savoir ni que toutes les conditions soient parfaites, parce que ce moment n’arrivera probablement jamais. Le plus important est de transformer le rêve en petites actions concrètes : commencer à s’informer, passer du temps à bord, rencontrer des navigateurs et faire une première sortie. Chaque étape nous rapproche un peu plus du large. On ne devient pas marin avant de partir. On le devient en naviguant, un mille à la fois.